VIDEO : L'Université des Va-nu-Pieds

A Rajasthan, en Inde, une école hors du commun forme hommes et femmes venant de milieux ruraux -- illettrés pour la plupart -- pour devenir ingénieurs en énergie solaire, artisans, dentistes et docteurs dans leur propre villages. Elle s'appelle l'Université des Va-nu-pieds, et son fondateur, Bunker Roy, nous explique comment elle fonctionne.


SANTÉ : Réguler la consommation en sucre

Mes Courses pour la Planète est décidément un site à suivre. Je vous invite à souscrire à sa newsletter. Vous trouverez ci-dessous un de leurs articles qui revient sur un article paru tout récemment dans Nature, une revue scientifique de renommée internationale. Pour ceux qui le souhaitent, vous pouvez aussi lire l’article de Nature en anglais.



Des scientifiques militent pour réguler la consommation de sucre comme celle de l'alcool ou du tabac (Edité le 17 février 2012)

La commercialisation (et la consommation) de sucre doivent-elles être mises sous surveillance, comme celle d'autres substances dangereuses, l'alcool en tête ? C'est en tout cas la question que pose un article récent paru dans le journal Nature par trois chercheurs américains, spécialistes de l'obésité, de l'Université de Californie. Leur argument : le sucre, sous toutes ses formes (qu'il s'agisse de sirop de glucose-fructose ou de saccharose), est aussi toxique pour la santé humaine que des substances dont la commercialisation et la consommation sont très contrôlées, comme l'alcool. Rappelant un certain nombre de statistiques sur l'obésité et d'autres maladies métaboliques (comme le diabète de type II) et citant un rapport des Nations-Unies qui soulignait en 2010 que ces maladies liées au mode de vie font désormais plus de morts que les maladies infectieuses (36 millions de décès soit 63% du total étaient dus en 2008 à des maladies non transmissibles liées à des facteurs de risque évitables : alcool, tabac et… mauvaise alimentation couplée à la sédentarité), ils militent pour des réglementations plus sévères, partout dans le monde. En effet, d'après ce rapport des Nations-Unies, l'alimentation est la seule des trois causes majeures de ces maladies chroniques à ne pas être régulée par les gouvernements pour protéger la santé publique - alors que le tabac et l'alcool le sont depuis longtemps. 



L'un des auteurs de l'article, le pédiatre-endocrinologue Robert Lustig, est d'ores et déjà réputé pour son argumentation ferme sur ces sujets (voir notamment sa conférence en ligne, "Sugar : the bitter truth" qui vient de passer les 2 millions de spectateurs sur YouTube). Pour lui, la toxicité du sucre n'a rien à voir avec les calories, elle est liée à la façon dont le corps humain métabolise le sucre d'une manière qui nuit systématiquement à la santé, stimulant les réactions inflammatoires à l'origine des maladies cardiaques, du cancer et du diabète. Plus encore : tous les critères servant à justifier le contrôle de l'alcool (tentant, présent partout, toxique et addictif) sont selon lui et ses co-auteurs applicable au sucre. "Historiquement", écrivent-ils, "le sucre n'était disponible pour nos ancêtres que quelques mois par an, dans les fruits lors de la récolte, ou sous la forme de miel, placé sous la garde des abeilles. Mais récemment, le sucre a été rajouté à quasiment tous les aliments transformés, limitant le choix du consommateur. Alors que la nature avait fait le sucre rare, l'homme en a saupoudré partout." Et d'argumenter sur des stratégies proches de ce qui s'est fait sur le tabac ou l'alcool : des taxes sur les produits sucrés, des limites d'âge sur les achats de produits sucrés, une annonce obligatoire des taux de sucres ajoutés et une limitation de la publicité sur les aliments sucrés... Des arguments qui ne remportent pas l'adhésion de l'establishment médical français (voir notamment cet article du Figaroet la position de la Société Française de Pédiatrie), étonnamment conservateur sur ce coup.


VIDEO EN ANGLAIS : CONFÉRENCE DE ROBERT LUSTIG, UN DES AUTEURS DE L’ARTICLE DE ‘NATURE’ :

CONCEPT : B Corporation, des entreprises avec un ADN responsable

Article issu du site Mes Courses pour la Planète : un site web à tendance écolo-bio-durable qui se définit comme "le premier guide pratique en ligne de la consommation responsable, à l’attention de tous ceux qui veulent porter un autre regard, plus informé, sur leurs choix quotidiens et cherchent des produits ou pratiques plus responsables. » J’ajoute que c’est une mine d’informations ! Merci Raphaëlle pour ce partage.

Patagonia, entreprise-pionnière d'un no
uveau statut légal pour les entreprises responsables

Les Etats-Unis, on le sait, sont un grand pays, capable du pire mais aussi du meilleur. La preuve : du côté de la responsabilité sociale des entreprises, une grosse poignée de PME innovantes (dont beaucoup basées en Californie) s’attèlent depuis 2006 à promouvoir un nouveau statut légal pour les entreprises, baptisé "B Corporation", ou entreprise bénéfique. 

De quoi s’agit-il ? Le label "B Corporation" est géré par une association, baptisée B Lab, créée en 2006 par trois entrepreneurs de Philadelphie ayant fait fortune dans le matériel sportif et l’immobilier, et qui souhaitaient se consacrer à la promotion d’un modèle plus responsable d’entreprise. Concrètement, les entreprises qui prétendent devenir une "B corporation" doivent d’abord se plier à un audit très pointu de leurs performances sociales et environnementales, de leurs pratiques industrielles et d’achats, mais aussi de l’utilité sociale de leurs produits. Un référentiel a été élaboré pour cela par B Lab et les entreprises fondatrices (parmi lesquelles on trouve notamment la société de distribution de fournitures de bureaux engagée Give Something Back, qui reverse tous ses profits non-réinvestis à des causes) et il faut avoir une note minimale de 80 sur 200 pour pouvoir prétendre au statut de "B Corporation". Mais surtout, elles acceptent de modifier très officiellement leurs statuts et les autres documents-clefs fixant le cadre légal de leur activité, selon le modèle juridique développé par les entreprises fondatrices. L’exercice vise à rendre explicite le fait qu’elles ne se consacrent pas uniquement à la maximisation de la valeur pour l’actionnaire, mais qu’elles élargissent le champ des intérêts pris en compte avec une "déclaration d'interdépendance" qui inclut ceux de la société, des consommateurs, des salariés et de l’environnement au sens large – sans évidemment oublier les actionnaires pour autant. 

Ainsi, l’engagement social et environnemental est alors intégré à l’ADN de l’entreprise, de sorte qu’un nouveau management, de nouveaux actionnaires ou même un nouveau propriétaire ne peut revenir à un modèle classique, et doit respecter ce pour quoi l’entreprise existe, légalement. A contrario, les fondateurs du modèle misent sur le fait que les "B corporations" attireront du coup des investisseurs motivés par la dimension éthique de leurs activités et bien décidé à la préserver voire à la développer ! Autre avantage du modèle : les entreprises qui ont désormais le label "B Corporation" peuvent faire entendre leur voix collectivement notamment en lobbying… et peuvent utiliser leur statut pour se différencier aux yeux des clients ou des investisseurs.

Le projet est un succès, au-delà sans doute des espérances de ses fondateurs : 506 entreprises américaines sont désormais certifiées "B Corporation" (dont les fabricants de détergents écologiques Method ou Seventh Generation, le studio de création Free Range, la filiale américaine d'Alter-Eco, etc.) et surtout, sept Etats américains en ont fait un statut légal : après le Maryland en avril 2010 : le Vermont, Hawaii, la Virginie, la Californie, le New Jersey, New-York (en décembre dernier) et dans une moindre mesure le Colorado, la Caroline du Nord, la Pennsylvanie et le Michigan ont suivi. La ville de Philadelphie, de son côté, accorde depuis 2009 des avantages fiscaux aux entreprises certifiées. En Californie, le cadre juridique est entré en vigueur depuis le premier janvier 2012 et le leader du textile éthique Patagonia a été l'une des toutes premières firmes à choisir cette option en cohérence avec les valeurs de l'entreprise, qui a décidément toujours un train d'avance...


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Pour ceux qui comprennent l’anglais et qui souhaitent en savoir plus, vous pouvez visionner une vidéo TED d’une conférence de Jay Coen Gilbert.

Jay Coen Gilbert shares his vision to harness the power of business to solve society's problems through B Corporations -- a new standard labeling socially and environmentally responsible companies. B Corps will help corporations be profitable while solving society's problems.